Paroles d'auteurs : Cyrille Audebert

 

L’année 1959 aura été marquée par deux événements capitaux : une canicule, pas meurtrière pour deux sous, et la naissance de Cyrille Audebert.

La face du monde aurait dû en être bouleversée, mais Cyrille, conscient de ses fabuleuses possibilités, mettra toute son énergie à passer inaperçu : un peu d’humilité ne peut pas nuire.

Il n’y a guère que ses professeurs de français, invariablement séduites par son charme légendaire, qui se souviennent encore de lui, une larme à l’œil et les mains tremblantes d’un désir toujours intact… 

C’est aussi à cette période qu’il écrira ses premiers grands succès. Sa Lettre au père Noël 1965 reste ainsi un modèle du genre, moult fois copiée, jamais égalée.

Tour à tour fort des Halles, artisan d’art, vendeur ambulant, publicitaire, plombier ou chauffeur de maître, où donc son impressionnante stabilité allait-elle bien pouvoir le mener ? Tout naturellement vers la commercialisation de lingerie féminine, et l’écriture de nouvelles et romans déjantés. Également fondateur sur Internet de Tir Na N’og et Cie, site d’aide à l’écriture pour les auteurs amateurs, dont il est le monarque incontesté, Cyrille Audebert  vient de signer Un temps de chien, la suite de son premier polar, L’évangile selon Jacques Lucas, déjà un énorme succès dans sa famille et même un peu plus (un peu d’humilité ne peut pas nuire), et de faire paraître deux romans fantastiques : Fantôme d’amour et Cinquième étage

Ses romans disponibles sur le site :

L’évangile selon Jacques Lucas
Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d'avoir été peintes, et Mélodie... Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…
Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.
Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…
Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.
Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley…

Un temps de chien
La pie pencha la tête de côté et regarda la chose s’éloigner à travers la végétation dense du sous-bois. Si le froissement des broussailles indiquait que l’étrange apparition s’enfonçait bien dans une direction opposée à la sienne, elle patienta malgré tout encore un instant. Rassurée par le calme retrouvé, elle s’approcha en sautillant.
Arrivée à moins de deux mètres du corps inanimé, la pie émit un léger grincement et fit un bond en arrière… Rien. Pas un mouvement. Il lui sembla qu’elle n’aurait aucune résistance à attendre de ce mets de choix. Elle s’avança prudemment, plongea son bec dans les viscères du cadavre étalés sur le sol pour s’emparer d’un morceau encore chaud. Aussitôt elle projeta sa tête en arrière pour faciliter le passage de la viande dans son gosier.
Elle savait n’avoir que peu de temps avant que les autres charognards ne viennent lui disputer le corps déchiqueté de la femme…

Fantôme d’amour
« Excusez-moi encore Marie, mais… il y a un truc qui me chiffonne… Est-ce qu’il y a votre corps en petits morceaux dans la valise ? »
Marie retrouva son immense sourire. Elle ne s’était pas amusée comme cela depuis une éternité.
« À votre avis ? »
Youn hésita.
« À vous voir comme ça, j’ai déjà du mal à vous imaginer morte. Alors rangée en tranches… C’est plus fort que moi, j’y arrive pas.
— Rassurez-vous, alors. Je ne suis pas en petits morceaux et encore moins dans la valise. Si un jour vous deviez faire le curieux, vous ne trouveriez pas un puzzle sanguinolent à l’intérieur.
— Merci ! Vous m’enlevez un poids.
— Oh ! Ne me remerciez pas ! Je n’y suis pour rien. Je n’ai pas choisi. Je ne sais même pas où se trouve mon corps.

Cinquième étage
Pourquoi le monde a-t-il radicalement changé à cette minute ?

À cette question, moi, Hercule Zelnik, sauveur de l'humanité, je n'ai toujours pas de réponse. D’ailleurs, avant que ne survienne cet événement, la planète ne tournait-elle pas normalement ?

Pour unique explication à tout ceci, je n’aurai qu’une chose à dire : dans mon esprit, jusqu’alors, un phallus et une bite semblaient n’être qu’un seul et même organe… Une belle connerie, ça. 

Prenez Sophie par exemple : ma jolie voisine du dessous… Si, à ce moment-là, on lui avait demandé pour les bites, qu’aurait-elle répondu ? Certainement pas la même chose qu’une petite heure plus tard…

 

Cyrille Audebert

L'évangile selon Jacques Lucas



Un temps de chien



Fantôme d'amour



5ème étage

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