Paroles d'auteurs : Louisa Messaoudi

 

A 17 ans, Louisa Messaoudi sort du cursus scolaire malgré elle. Les conséquences de deux années et demi de maladie qui l'on considérablement handicapée dans ses études. Très vite, elle prend conscience de ses lacunes et n'étant pas d'une nature vindicative, s'inscrit à de multiples modules de remises à niveaux, et enchaîne des formations pré-qualifiantes, qui, à son grand étonnement aboutissent à des diplômes qu'elle obtient avec succès. Mais Louisa Messaoudi est avant tout une autodidacte qu'elle déclame fièrement, comme une espèce de victoire sur l'iniquité de la vie.
Issue du milieu populaire, elle va tirer des enseignements riches qui vont façonner ce côté magnanime et réfractaire qu'on lui connaît. Fidèle aux valeurs et principes qui on tout au long d'un parcours chaotique, nourri une volonté hors du commun. 
Durant plusieurs années, elle travaille en direction des adolescents, notamment au sein des maisons de quartiers qui accueillent une population sortie trop vite du système scolaire. Une situation qu'elle a bien connue et une vocation qui lui vaudra dix années d'un travail engagé. Après quoi, elle démissionne en raison des orientations politiques d'une commune qui à l'époque n'étaient plus homogène avec la situation sur le terrain.
Louisa Messaoudi entreprend fin de l'été 2006 l'écriture de son premier roman qu'elle publiera l'année suivante. Encouragée par les critiques, elle œuvrera sans tarder au second qu'elle écrira en six mois et qui sera publié en Juin 2008. Courant mai 2009, c’est un troisième ouvrage, « La mémoire gravée » qui vient s’ajouter à sa bibliographie, tandis que l’auteure est déjà engagée dans l’écriture d’un conte philosophique, dont une suite est déjà prévue. 

En janvier 2008, Louisa Messaoudi, prend un virage très incliné dans sa vie professionnelle et personnelle, pour se consacrer entièrement à la création d'une association de solidarité internationale. Soucieuse de ne pas faire les choses à moitiés, elle s'engage et va sur le terrain, pour défendre et soutenir les populations victimes des conséquences de la mondialisation. Engagée et réfractaire, Louisa Messaoudi  ne rechigne pas à se soulever contre les fléaux du silence, qui sont essentiellement les grands thèmes de ses romans.

Ses romans disponibles sur le site :

"Ano Kioni " : C’est une histoire d’amour inédite qui naît au cœur d’un génocide. Un livre poignant qui dépeint les hommes et les femmes tels que la vie les façonnent. C’est un récit imaginaire, et pourtant ! Inspiré de faits et d’émotions authentiques.

Au Souanais, petit pays de la Centrafrique, plus d’un million d’âmes sont menacées de disparaître sous l’insurrection d’une armée rebelle conduite par un général sanguinaire.
Le conflit qui s’avère être plus un génocide qu’une guerre de territoire, voit naître l’exil de milliers de réfugiés en direction du village de Kioni, où l’OMS a établi son QG.
Enrôlée comme infirmière, Sofiane est une jeune femme insoumise et réfractaire. Son appartenance sexuelle lui valu tellement de réflexions, sinistres parfois, qu’elle s’est bâtie une solide armure, mais devant l’horreur, ni sa rage au ventre, ni ses pieux désirs de louange rien n’allait la préparer à la plus inqualifiable sauvagerie humaine qu’elle allait rencontrer tout au long de sa mission.

A travers le roman, l’auteur nous prend à témoin et nous rend complices des évènements, des personnages, et pire encore, de notre aptitude à anéantir notre conscience, asservis par l’indifférence. 

"Les routes de l'âme "  : Les routes de l’âme est un roman fantastique qui ébranle certains concepts du penseur contemporain. Et pour les plus irréductibles, même l’amour n’échappe pas aux lois tutélaires.
Kaci est une jeune femme réprimée, aux sentiments farouches, qui mène une vie ordinaire et sans trop d’ambition, jusqu’au jour ou elle va faire une rencontre incroyable. Poussée par une irréductible assertion, elle va tout quitter pour entreprendre une quête à laquelle elle semblait être destinée. Dans ce livre au rythme virginal, parfois corrosif, mais toujours captivant, l’auteure nous fait vaciller dans le gouffre de notre conscience. Elle nous suspend entre deux mondes entre lesquels la vérité de notre être se trouve maintenue.

"La mémoire gravée" : La mémoire gravée est un retour aux sources, un règlement de compte avec la nostalgie d’une enfance volée.
C’est un récit autobiographique, empreint d’émotions poignantes, qui n’ont pas pris une ride malgré la mesure du temps. Mais c’est surtout, la réhabilitation d’une mémoire injustement effacée, un hommage posthume dans lequel la vérité ébranle le silence.
Louisa Messaoudi témoigne de sa propre expérience. De longues années de deuil et de sacrifices pour garder en vie une mémoire, que l’indifférence à pousser jusque dans une fosse commune.

Résumé :
La mémoire peut être une porte blindée qu’on ne veut, ou que l’on n’ose franchir. Le sanctuaire de l’existence qui détient les codes de notre survie. Derrière la mienne était enfermé un souvenir qui est demeuré intacte, un souvenir qui a cimenté l’édifice de ma vie et façonné ce que je suis. Sans cette mémoire, qui serais-je ? Mais c’est avec cette mémoire que je dévoile dans son intimité ce qu’elle a fait de moi aujourd’hui. Un hommage posthume qui trace dans ce petit ouvrage la marque de ce souvenir qui a survécu dans chacune de mes épreuves.
Extrait :
 « Vous, dont votre innommable indifférence me parvient de sa tombe oubliée. J’ai exhumé ses silences pour qu’ils s’imposent à vous, plus tangibles que votre duplicité rendra plus méprisable encore !».
Chacun de vos silences était un coup de pioche qui a creusé sa tombe. Son combat, je le termine aujourd’hui, pour chaque coup qu’il a reçu, un coup de ma plume pour marquer votre peau d’une empreinte indélébile. Et je vous vois roder, je sens votre haleine corrompue, et vos paroles puantes autour de ma notoriété. J’entends ceux qui disent que c’est un suicide, celui du désespoir. Non ! Ce n’est un suicide que dans votre culpabilité, et votre crime c’est de l’avoir laissé mourir aux apparences d’une mort naturelle. S’il faut qu’il y ait le pardon, jamais il ne viendra de moi ! Je crains moins le procès des Hommes, que la justice du ciel !

Louisa Messaoudi

Ano kioni



Les routes de l'âme



La mémoire gravée



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